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Le siège de Pall Corporation en France se trouve à saint Germain-en-Laye. Une fois le colloque achevé, nous devions nous y retrouver avec Michel Farcy au mois de juillet, à l’occasion d’un voyage. Là-bas, nous avons rencontré son équipe. Leurs conditions pour démarrer quelque chose étaient simples : prouver dans leurs laboratoires que la technologie des membranes en
nanofiltration était efficace sur le fluor et sur la conductivité (sel) de l’eau. Car en effet, telle est l’originalité des investigations scientifiques de Courfia Diawara : utiliser la nanofiltration en tant que solution la mieux adaptée pour le traitement du fluor.
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- D’autres procédés existent tel que la filtration de l’eau à travers des os de bétail calcinés. Mais cette méthode n’est pas pratique car elle nécessite trop de manipulations et de plus elle ne permet pas de dessaler l’eau. Les os calcinés ne permettent pas non plus d’obtenir de grandes quantités d’eau filtrée.
- Il y a aussi l’osmose inverse que l’on utilise pour la potabilisation de l’eau de mer. Ce procédé est bien connu, il fonctionne lui aussi avec des membranes mais d’un maillage plus petit que le nano. Inconvénient : il déminéralise l’eau entièrement, ce qui oblige à la reminéraliser, et surtout, il implique de fortes pressions (40 bars), donc, plus d’énergie.
- Il existe encore des procédés chimiques mais très coûteux et délicats à maîtriser.
La nanofiltration est par conséquent moins coûteuse en électricité (10 bars), et plus facile à manipuler car elle ne déminéralise qu’une partie de l’eau.
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Néanmoins, les techniciens de Pall n’étaient pas convaincus. Ils pensaient que seule l’osmose inverse était adaptée. Mais leur esprit était ouvert : ils nous ont demandé de leur envoyer 100 litres d’eau de notre forage pour une expérimentation à saint Germain-en-Laye. Grâce à la Compagnie Fruitière qui s’est occupée du fret (voiture et avion), nous avons pu réaliser cet acheminement. C’était en novembre 2007.
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En présence de Courfia Diawara qui se trouvait en France à ce moment-là, les essais ont été couronnés de succès : 73% de rejet de fluor, c’est-à-dire 0,75 mg/litre (la limite pour la santé est de 1,5 mg/litre), puis 58% de rejet de la salinité (mesure de la conductivité).
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La technologie avérée, il restait à monter une machine, un pilote expérimental équipé d’un module de membranes capable de filtrer à plus grande échelle : 1 m3/h. Le prototype a été financé avec l’aide du C.N.R.S. et construit dans les usines de Ponticelli.
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Pilote entièrement manuel
Pompe 1,5 kW
Débit entrée module :
15-20 l/mn
Pression entrée module :
10 bars
Débit perméat :
10-15 l/mn
Pression concentrat :
7 bars
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Ce dernier a été ensuite embarqué sur le Lady Rose, bateau de la compagnie fruitière, débarqué à Dakar et implanté sur notre site en juillet 2008 grâce à Tony Farjallah, un ami libanais de Kaolack. Sans les services de ses engins et
de ses mécanos, nous n’aurions pas pu acheminer l’imposante et très lourde caisse du pilote, digne d’un velociraptor de Jurassic Park. Le module de filtration utilisé à saint Germain-en-Laye était composé de 9 membranes, celui de Keur Mariama en a 170.
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Actuellement les essais se poursuivent.
Ils sont supervisés par Coufia Diawara, Michel Farcy et son équipe, et réalisés sur le terrain par Saidou, un étudiant de Courfia en D.E.A. de chimie qui fait sa thèse d’état sur le sujet, sur la base des expériences réalisées et des résultats obtenus par le pilote.
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Les essais ont commencé en juillet 2008 et ont été jalonnés de multiples péripéties, avec des phases de découragements, de déception, et des moments d’espoir retrouvé. En effet, le pilote n’a pas tout à fait fonctionné comme les constructeurs le prévoyaient. Dans certaines conditions opératoires, il endommageait les membranes jusqu’à les percer de centaines de petits trous. L’origine est restée floue pendant plus de six mois. Toutes sortes de théories ont été invoquées sans que le phénomène ne parvienne à être élucidé. Le module où sont engagées les membranes a été démonté huit fois pour changer les membranes abîmées. Jean-Yves Goaziou, un technicien de Pall Corporation est venu de Paris une
première fois au début de juillet 2008. Sa visite a solutionné une partie du problème. Michel Farcy est venu lui aussi, profitant d’un nouveau colloque sur Dakar.
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À force d’études, de confrontations des résultats, de scénarios envisagés au fur et à mesure des essais, au mois de décembre 2008 le problème a été réglé. Le percement des membranes venait de retours de perméat (eau purifiée), provoquant un fonctionnement incorrect "à l'envers" des membranes.
Ces tâtonnements s’expliquent par le caractère innovant du pilote qui est un prototype. Adapté à des conditions d’exploitation extrêmement rustiques, il fallait apprendre à le manipuler, à affiner la connaissance de son fonctionnement et de ses réactions dans le cadre de la filtration sur le site même du forage. Cela a pris du temps, mais les spécialistes qui ont planché sur le problème sans ménager leur peine ni compter leur temps en sont venus à bout.
Si bien qu’aujourd’hui, les résultats sont là :
Une station sera dimensionnée, fera l’objet d’un dossier, d’appels au financement et on espère deviendra réalité dans l’avenir…
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