- « Vous êtes chef du village : quels ont été vos devanciers et comment exercez-vous votre charge présente ? »
- « Le fondateur du village, Gallo Diawo, s’était établi ici alors qu’il avait trente ans ; jusqu’à sa mort, survenue à l’âge de soixante ans, il a gouverné le village. Comme on l’a déjà dit, il a creusé un puits, ce qui a permis le développement de la présence humaine en ce lieu. Nous gardons le souvenir des actes de solidarité par lesquels il savait soutenir les habitants en difficulté matérielle ; il est vrai que les conditions de vie d’alors nous permettaient davantage de faire acte de largesse à l’égard de notre prochain.
Bano Sow lui a succédé pendant quatre ans ; après lui, un fils de Gallo, Soutoura Diawo, a été chef du village pendant vingt-cinq ans. Son frère cadet, Dioba Diawo, lui a succédé, pendant trois ans. Voici dix ans que je dirige le village ; Soutoura Diawo était mon père.
Lorsqu’une personne vient m’adresser une plainte, je commence par m’entretenir avec elle : nous nous asseyons et prenons le temps pour qu’elle expose sa position et pour que s’éclaircisse la situation en cause. Les difficultés s’aplanissent par la concertation mais aussi par la fermeté à garder le droit chemin entre nous. D’autre part les contacts avec l’administration civile et les élus politiques sont utiles pour se maintenir dans la claire vision des règles qui régissent la société et de la solution juridique à apporter à certaines situations litigieuses. »
- « Un souhait pour le village ? »
- « Du travail pour les jeunes. »
- « Quel est votre regard sur les jeunes ? »
- « Ils ont le sens de l’honneur (diom), c’est pourquoi ici il n’y a pas de mauvaise mentalité : pas de voleur ou de gars tordu… J’ai confiance en eux. »