Les villages qui sont irrigués par notre forage sont au nombre de sept. Cela concerne :

- Keur Gallo Diawo (152 pers. et 250 têtes de bétail).
- Goundiour Saloum (92 pers. et 174 têtes de bétail).
- Kossi Tiamene (273 pers. et 269 têtes de bétail).
- Keur Diarra Peul (328 pers. et 637 têtes de bétail).
- Keur Diarra Bambara (266 pers. et 135 têtes de bétail)
- Bill Peul (218 pers. et 307 têtes de bétail)
- Bill Bambara (210 pers. et 203 têtes de bétail).

Nous avons choisi de vous présenter Keur Gallo Diawo et Goundiour Saloum car ils sont les plus proches de notre terrain, c’est-à-dire respectivement à 500 m et 1 km. Les autres villages sont éloignés de 3 à 10 km.
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Keur Gallo
Le site de Keur Mariama
( « la maison de Marie ») est implanté sur le territoire du village de Keur Gallo Diawo. Nous sommes donc les nouveaux voisins de ces quelque quinze familles.
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Keur Gallo Diawo a été fondé dans les années 1925 par Gallo Diawo (d’où le nom du village), venu de Keur Boïdo Diawo (près de Keur Sossé, à une dizaine de kilomètres au sud-est). Le fondateur du village a creusé un puits et peu à peu d’autres familles sont venues s’installer ; on compte aujourd’hui douze familles peules, une famille Toucouleur, une famille bambara et une famille Serère ; à une époque une famille du Burkina Faso avait séjourné à Keur Gallo.
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Le chef du village, Younous Diawo, nous aide à mieux comprendre la situation et aussi les atouts du village de Keur Gallo.

- « Quel est le premier défi à relever actuellement à Keur Gallo Diawo ? »

- « Le travail : maintenant l’agriculture ne suffit plus. Sur une quarantaine d’hommes jeunes, quatre seulement ont un travail régulier ; les autres vont à la recherche d’un travail à Kaolack, à Dakar, sur la petite côte ou en Casamance. Manœuvre, maçon, chauffeur ou tailleur… tels sont les emplois de nos jeunes. »
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- « Qu’en est-il des études ? »

- « Aucune personne ici n’est diplômée. Certains jeunes espèrent poursuivre leurs études, et décrocher ainsi une bonne place : s’ils y arrivent, très bien ; sinon, il leur reste à revenir ici : il y a du travail dans les champs pendant la saison des pluies. »
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- « Y a-t-il un ressortissant du village travaillant à l’étranger ? »

- « Effectivement, une personne travaille en Europe. Cette personne était partie sans qualification. Elle constitue un appui pour sa famille restée au village. »

- « Comment améliorer la situation présente ? »

- « Que chacun fasse son possible et que les jeunes aient du travail, c’est tout. »
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- « Concrètement quelle est la situation actuelle de l’agriculture et de l’élevage ? »

- « Nous tirons nos revenus de la culture du mil, de l’arachide, des pastèques (à un degré moindre) et de la vente du lait. En ce qui concerne le lait, une personne du village achète la production des éleveurs et part à Kaolack vendre le lait au détail. En ce moment – saison sèche  – il n’y a plus de lait.
Lorsque le produit des récoltes s’avère insuffisant, on vend en période de soudure une bête, si possible un mâle car nous cherchons à préserver le contingent des vaches : si nous vendons du bétail, c’est uniquement par nécessité. Par ailleurs nous n’élevons pas pour vendre des bêtes de boucherie. »
- « Vous êtes chef du village : quels ont été vos devanciers et comment exercez-vous votre charge présente ? »

- « Le fondateur du village, Gallo Diawo, s’était établi ici alors qu’il avait trente ans ; jusqu’à sa mort, survenue à l’âge de soixante ans, il a gouverné le village. Comme on l’a déjà dit, il a creusé un puits, ce qui a permis le développement de la présence humaine en ce lieu. Nous gardons le souvenir des actes de solidarité par lesquels il savait soutenir les habitants en difficulté matérielle ; il est vrai que les conditions de vie d’alors nous permettaient davantage de faire acte de largesse à l’égard de notre prochain.
Bano Sow lui a succédé pendant quatre ans ; après lui, un fils de Gallo, Soutoura Diawo, a été chef du village pendant vingt-cinq ans. Son frère cadet, Dioba Diawo, lui a succédé, pendant trois ans. Voici dix ans que je dirige le village ; Soutoura Diawo était mon père.
Lorsqu’une personne vient m’adresser une plainte, je commence par m’entretenir avec elle : nous nous asseyons et prenons le temps pour qu’elle expose sa position et pour que s’éclaircisse la situation en cause. Les difficultés s’aplanissent par la concertation mais aussi par la fermeté à garder le droit chemin entre nous. D’autre part les contacts avec l’administration civile et les élus politiques sont utiles pour se maintenir dans la claire vision des règles qui régissent la société et de la solution juridique à apporter à certaines situations litigieuses. »

- « Un souhait pour le village ? »

- « Du travail pour les jeunes. »

- « Quel est votre regard sur les jeunes ? »

- « Ils ont le sens de l’honneur (diom), c’est pourquoi ici il n’y a pas de mauvaise mentalité : pas de voleur ou de gars tordu… J’ai confiance en eux. »
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