La Procure des Missions a été fondée en vue de soutenir matériellement et spirituellement le projet d’implantation de nos frères au Sénégal. Depuis sa fondation en 2002, elle a tenté de répondre à quatre besoins simultanés pour que cette mission soit avant tout celle de la Province Avignon-Aquitaine : accompagner les frères du Sénégal dans leur aventure, communiquer le projet de manière variée, organiser des rencontres missionnaires qui ont pour but d’aider matériellement, enfin créé des liens avec des partenaires en Europe ou au Canada.
1. Accompagner les frères du Sénégal
Cela a commencé en prenant le minibus depuis Montpellier, traversant la France pour déposer les nouveaux missionnaires (Frères Vincent-Marie, Ange-Marie, Bruno-Marie, Jean-Sébastien) sur l’immense bateau qui partait du Havre en juin 2002 à destination de Dakar. Le frère qui était immédiatement chargé du lien avec cette toute nouvelle communauté de missionnaires était alors le frère Marie-Pierre, premier zélateur des missions. Les premières aventures à Sokhone, dans des conditions qui ne laissaient que peu de possibilités à une communication téléphonique et aucune à l’internet, rendaient les liens très difficiles.
Frère Marie-Pierre fit plusieurs voyages pour prendre la température et prit conscience du fait qu’assumer une telle mission dans le temps, supposerait un travail de
conscientisation auprès des frères de la Province, de nos sœurs carmélites, et de toutes les personnes laïques qui fréquentent le carmel. Avant de chercher des fonds pour formuler un tel projet
missionnaire, il fallait d’abord que l’ensemble des frères de la Province soient convaincus de la pertinence du choix qu’ils avaient posé.
Pour cela l’enjeu était de montrer que nos frères missionnaires ont d’abord été envoyés pour recevoir, avant de donner. Et que venaient-ils recevoir ? Ils venaient recevoir le trésor qu’offre le charisme du Carmel à l’Église. Ce trésor consiste à être témoins des merveilles que Dieu fait dans les cœurs, en amenant de manière pédagogique et patiente une âme vers la rencontre amoureuse avec la personne du Christ, Fils du Père, Dieu fait homme. Or, la mission est comme un microscope qui permet de voir
de manière plus claire des réalités surnaturelles qui dans un contexte occidental de confort et d’indifférence religieuse deviennent parfois obscures. Ainsi, les premières chroniques envoyées par les frères insistaient très fortement sur la réalité de la Providence qui s’exprimait de manière palpable au Sénégal. Cela nous permettait de nous rappeler qu’en France, au Canada ou en Suisse, nous vivions uniquement de cette Providence,
et que les dons reçus à l’occasion de nos ministères n’étaient pas des dus, ou que les aménagements de couvents que nous devions faire n’étaient que des moyens proportionnés à la transmission de notre charisme dans l’Église.
En 2004, les difficultés climatiques, les conditions très difficiles de vie, entraînèrent des changements dans la première équipe des frères partis en mission. Les frères Luc-Marie et Marie-Pierre arrivèrent à quelques mois d’écart à Kaolack, puis en 2005 le frère Alain-Marie et ensuite frère Marie-Laurent complétait cette équipe. Accompagner la mission c’était prendre au sérieux les difficultés d’une implantation. Le temps de l’enfouissement allait porter du fruit. Accompagner c’était alors permettre à ces frères d’avoir une possibilité de vivre la vie religieuse de manière correcte immédiatement, sans vivre dans la seule projection de la construction d’un couvent. Ainsi, lorsqu’une maison plus grande fut trouvée pour être transformée en un couvent habitable pour 7 frères, le Provincial, à l’époque frère Jean-Jospeh-Marie, n’hésita pas à appuyer une telle orientation, même si le loyer paraissait un peu cher. Pour vivre dans la patience et l’espérance, des conditions minimales étaient requises.
Mais, nous avons aussi pris conscience que l’accompagnement des frères au Sénégal n’était pas une tâche réservée au seul Provincial ou au zélateur. Elle incombait d’une certaine manière à tous les frères de la Province. Ainsi, en ce sens fut décidé d’envoyer au Sénégal pour des séjours courts (3 semaines à 1mois) des frères qui n’avaient pas pour objet d’être missionnaires, ni pour tâches d’être membres de la Procure. Ces frères pouvaient tout à la fois aider à la formation des jeunes sénégalais qui faisaient un essai de vie religieuse à Kaolack avec nos frères, mais aussi permettaient à la communauté de Kaolack d’avoir des liens de plus en plus incarnés avec la Province. En ce sens, les frères Olivier-Marie, Jean-Baptiste, Raphaël-Marie, et Louis-Marie furent envoyés en 2007-2008.
Bien plus, cet accompagnement des frères de Kaolack s’est élargi à nos sœurs carmélites. Dès les débuts, nos sœurs ont montré un très vif intérêt pour ce projet à travers leurs prières, leurs sacrifices et leur générosité. Dès 2003 les premières tournées de visites à nos sœurs Carmélites furent organisées. Le principe était simple : La procure se chargeait d’organiser tout le parcours, elle fournissait tout le matériel de communication au frère venu exprès du Sénégal, et elle s’assurait que celui-ci était accompagné dans son périple par un frère de la Province. Le frère Ange-Marie inaugura ces tournées, en compagnie du frère Thierry-Joseph. Ces visites allaient ensuite se multiplier : les frères Luc-Marie, Jean-Sébastien et Marie-Pierre continuent aujourd’hui à rencontrer nos sœurs. A ce jour, tous les couvents de carmélites de la Province ont été visités au moins une fois.