Qu’est-ce que la nanofiltration ?
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Alimen-
tation
Eau déchet
(concentrat)
Eau filtrée
(perméat)
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Filtration
Le progrès lié à la réalisation du forage serait total si la qualité de l’eau était parfaite. Comme nous l’avons expliqué, elle est pure de tout élément organique, qu’il s’agisse de bactéries ou bien de parasites tels que les amibes, mais sa composition minérale n’est pas satisfaisante. Les eaux du Maestrichtien dans la région du Sine Saloum affichent des taux en fluor excessifs qui constituent une véritable menace pour la santé.
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L’excès de fluor occasionne des fluoroses dentaires chez les enfants, en perturbant le fonctionnement des cellules responsables de la formation de l'émail. Les dents sont alors teintées d’une couleur rouge et marron pour toute la durée de l’existence. La fluorose osseuse correspond à une accumulation excessive de fluor dans les os, entraînant des changements de structure qui les rendent fragiles et cassants, ainsi qu’un certain nombre de pathologies annexes telles que l’arthrose, les rhumatismes articulaires, le rachitisme… Au fil des années, les os parfois se déforment et provoquent de véritables handicaps moteurs. Le stade terminal ou "fluorose osseuse invalidante" correspond à la calcification des ligaments, l'immobilité, la perte de muscles ainsi que des problèmes neurologiques liés à la compression de la moelle épinière. De surcroît, on a remarqué dans les régions où la population est contaminée par l’effet du fluor, des cas de débilité et de déficiences intellectuelles chez les enfants.
Le forage du projet Keur Mariama accuse un taux de 4,5 mg par litre, alors que les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé n’autorisent qu’un maximum de 1,5 mg par litre pour l’eau de boisson. Notre forage n’est pas le moins bien loti. Certains forages de la région arrivent à des taux de 6 à 10 mg/l.
À l’heure actuelle, l’eau fluorée de plus de 400 forages au Sénégal n’est pas reconnue par les autorités civiles comme une cause de maladie hydrique. Elle ne donne lieu à aucune législation, aucune surveillance.
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Dans certains pays comme le Maroc, lorsque le taux de fluor dépasse 3 mg par litre, les eaux du forage sont interdites à la consommation et celui-ci doit être fermé. Le problème est trop vaste. Le Sénégal est en quelque sorte devant une équation insoluble, car les populations ont un cruel besoin d’eau et le traitement de celle-ci représente un investissement financier de trop grande ampleur. Il ne s’agit pas seulement de financement ; il s’agit aussi d’une capacité de maintenance et de suivi des installations. Le défi est de grande ampleur. Si bien que la tendance générale est à la résignation et au fatalisme.
Le projet Keur Mariama veut relever ce défi et montrer qu’une porte de sortie peut s’ouvrir. À partir de la création d’une unité de filtration tout peut démarrer tant au niveau de la mobilisation de l’opinion qu’au niveau de la mobilisation des O.N.G. et des
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forces politiques du pays. Il suffirait d’une démonstration concluante pour que la situation se débloque et puisse déboucher graduellement sur une solution à cet empoisonnement sournois et généralisé qui affecte les populations de la région.
Cette ambition est crédible car les religieux et les diocésains qui vont vivre sur place pour de nombreuses décennies seront en mesure d’assurer la pérennité des futures installations et leur entretien. Après avoir fait ses preuves, cette station de filtration pourrait représenter un précédent pour les autres réalisations du même type : une école d’apprentissage pratique pour ceux qui seraient appelés à assimiler puis maîtriser le fonctionnement d’une station de filtration. La réalisation d’une station de ce type serait une initiative pionnière non seulement pour la région, mais également pour tout le Sénégal. L’enjeu est de taille.
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C’est ainsi qu’a commencé l’aventure. Par le biais de recherches sur internet, en juillet 2005, la communauté est entrée en contact avec Monsieur Michel Rumeau, chimiste de l’université de Montpellier. Ce dernier avait réalisé une expérience concluante de filtration à très petite échelle dans la région de Guinguinéo, au Sénégal, dans les années 90. Nous l’avons rencontré à Montpellier et il nous a orientés vers l’un de ses anciens élèves, devenu maître de conférence au département de chimie à l’université Cheikh Anta Diop (U.C.A.D.) de Dakar : COURFIA DIAWARA.
En juillet de la même année nous faisions sa connaissance et la route s’ouvrait devant nous. Monsieur Diawara a de suite été intéressé par notre projet car aucun agent de développement jusqu’à présent n’était prêt à appliquer sur le terrain ses théories scientifiques autour de la nanofiltration.
La difficulté dans ce genre de projets est de trouver des bailleurs de fonds, des personnes qui soient prêtes à s’investir, à engager leurs entreprises et leurs associations dans des projets innovants, encore incertains. C’est pourquoi Monsieur Diawara a organisé en juin 2007 un colloque à Dakar sur le thème de l’eau et de la santé. Il en espérait des retombées et un regain d’intérêt pour la question.
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Ce fut un succès total. Notre projet qui a très humblement fait l’objet d’une communication à l’époque, a retenu l’attention des participants, tant scientifiques, tels que le professeur Louis Cot et Monsieur François Guinot, président de l’académie des technologies de Paris, qu’industriels, notamment du groupe américain Pall Corporation, en la personne de Monsieur Michel Farcy, vice président de la filiale européenne. Sans ces personnalités, nous n’aurions pas pu poursuivre le projet. C’est un grand coup de chapeau que nous pouvons leur tirer car ils nous ont fait confiance et se sont risqués dans cette aventure.
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3e à partir de la gauche, Monsieur le professeur Louis Cot
1er rang, 3e à partir de la droite,
Monsieur François Guinot
Monsieur Michel Farcy
De gauche à droite, fr. Luc-Marie, Courfia Diawara, Michel Farcy...
La nanofiltration est une technologie qui fait passer l’eau sous pression à travers une membrane synthétique en polymère, dont les pores très fins
sont à l’échelle
du nanométre
(un millionnième de millimètre!)
Haut : disque intercalaire
Bas : module d’empilement
des disques et membranes
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