Forage
Paysage sahélien ovale.jpg
Le site du forage se situe sur la route de Sokone, à 15 km au sud de la ville de Kaolack, en plein cœur de la brousse. La région est celle du Sine Saloum : région semi-désertique qui ne dispose que de trois mois de mousson, ce qui représente une moyenne de 600 mm de pluie par an.
Dans un tel contexte climatique, le projet Keur Mariama ne pouvait pas se développer sans disposer d’un forage. Trouver et capter de l’eau fut donc dès le départ, une priorité et une nécessité, non seulement pour la centaine de personnes appelées à vivre sur le site, mais aussi pour les sept villages composés de 1639 habitants au total avec 1975 têtes de bétail.
Ce sont les villages de

- Goundiour Saloum (1),
- Keur Gallo Diawo (2),
- Kossi Tiamene (3),
- Keur Diarra Bambara (4),
- Keur Diarra Peul (5),
- Bill Peul (6),
- Bill Bambara (7).
Plan de la région proche du terrain (villages) copie.jpg
Coopé fran.JPG
Au mois de février 2006, le chantier du forage s’est ouvert. Les villages étant les principaux bénéficiaires, la Coopération française a réalisé le financement des travaux jusqu’à 75 % du budget total. La subvention ne s’est pas limitée au forage, elle a englobé également son équipement, la construction du château d’eau et du réseau d’adduction d’eau. Sans cette aide précieuse, rien n’aurait pu se faire.
01.jpg
La foration a été réalisée au tricône par une foreuse Jaswell J 1200. La technique adoptée fut la foration à la boue. Le principe est assez simple. On envoie à l’intérieur des tiges de foration qui sont creuses (vissées les unes aux autres au fur et à mesure), de la boue sous haute pression. Cette dernière arrivée au fond emporte dans son flux les éléments minéraux arrachés par le tricône et les remonte sur la surface entre les parois du trou effectué et le train de tige. La boue est récupérée, filtrée et envoyée à nouveau dans les tiges, ce qui permet d’établir un circuit fermé et une circulation permanente de la boue.
19 bis.jpg
23.JPG
12.jpg
09.jpg
17.jpg
Coupe géol 3.jpg
Le contexte géologique du secteur est bien connu. En surface nous avons ce que l’on appelle le Continental Terminal, constitué de sables argileux latéritiques.
C’est dans cette couche que les villageois creusent leurs puits, généralement à 15 mètres de profondeur. Mais l’eau y est insuffisante et devient très rapidement insalubre, cause de maladies du fait de la présence des bactéries et des parasites.
En dessous nous avons l’Éocène constitué de calcaires et de marnes. L’eau de cette couche est salée et ne présente aucun intérêt.
À partir de 140 mètres de profondeur, on entre dans le Paléocène où l’eau est à nouveau salée, parfois saumâtre.
Puis enfin le Maestrichtien à - 260 mètres de profondeur. Il s’agit d’une nappe fossile constituée de sables, de marnes et d’argiles. L’eau est en quantité extrêmement abondante, pour ne pas dire infinie. C’est dans cette couche géologique que le captage a été effectué. Les sables maestrichtiens constituent un aquifère exploité de Sébikotane, non loin de Dakar, jusqu’au méridien de Tambacounda. Cela concerne à la date d’aujourd’hui plus de 400 forages réalisés.
À mesure que l’on descend vers le sud la couche est de plus en plus profonde. Au niveau de Kaolack, elle est à - 300 m et son épaisseur est de 60 mètres.
Coupe foration.JPG
Si l’on visualise la coupe du forage en profil télescopique, nous aurons tout d’abord :

- de la surface à moins 10 m, un guide de foration de 24 pouces de diamètre,
- de la surface à moins 75 m, une foration de 12 pouces 1/4 pour accueillir une chambre de pompage de 8 pouces 5/8,
- de moins 75 m à moins 300 m, une foration de 7 pouces 7/8 pour accueillir un train de tiges de 4 pouces 1/2,
- de moins 300 m à moins 320 m une foration de 4 pouces 1/2, pour accueillir des crépines Johnson de 4 pouces.

L’eau est captée sur cette colonne de 20 mètres équipée de milliers de petits interstices (crépines).
Imaginons que nous sommes au bord d’une plage de sable. Non loin de l’eau nous plantons notre doigt dans le sable. Si nous le retirons d’un seul coup, nous voyons le trou de notre doigt se remplir d’eau. C’est de cette façon que nous captons l’eau.
Le rapport d’exécution du forage fait état d’un niveau statique de l’eau à
moins 10 mètres de profondeur. Cela signifie que l’eau remonte toute seule à moins 10 mètres, sous l’effet de la pression géologique. Le plafond de pompage lors du développement atteint 60 m3/h. Cela veut dire que l’on peut tirer jusqu’à 60 m3/h. Mais notre forage ne sera exploité qu’à 25 m3/h du fait des 26 m de rabattement. Le rabattement est le niveau de l’eau par rapport à la surface, quand on pompe. Cela veut dire qu’en service, la pompe fait descendre le niveau jusqu’à moins 26 mètres. C’est assez important. Si nous exploitions notre forage à 40 ou bien à 60 m3/h, nous risquerions de colmater les crépines, c’est-à-dire de boucher les petits trous à travers lesquels l’eau s’infiltre dans la colonne. La zone de captation n’est pas assez productive pour de tels débits. On doit donc pomper doucement.
L’arrivée de l’eau à la mi-août 2006 fut accueillie avec beaucoup de joie par les frères et les villageois. C’est un progrès considérable pour la communauté rurale.
DSC_7142.JPG
En effet, sur les 161 puits du continental terminal du secteur de Keur Mariama, seulement 64 d’entre eux sont en activité. Ces abandons sont liés à la contamination saline du bras de mer qui avance d’année en année, ainsi qu’à l’assèchement de la nappe phréatique. Le forage du projet Keur Mariama va permettre à la population de disposer de l’eau en quantité suffisante. Bactériologiquement pure, elle permettra l’éradication des maladies hydriques liées à l’insalubrité.
DSC_7212.JPG
Autre progrès : la réduction de la surcharge des travaux domestiques, la scolarisation des jeunes filles, et à terme, la diminution de l’exode rural. Enfin, l’équipement hydraulique aura pour effet de faciliter l’élevage car les puits sont trop éloignés et de faibles capacités. L’élevage est un des secteurs les plus importants de l’économie locale du fait de la saison sèche qui dure 8 mois de l’année : de novembre à juin.
Au Sénégal, l’incidence de la pauvreté varie entre 72 % et 88 % en milieu rural, alors qu’elle est de 44 % à 55 % en milieu urbain. Si nous mettons ces chiffres en corrélation avec ceux de la répartition de l’eau potable, c’est-à-dire 78 % en milieu urbain et 35 % en milieu rural, le lien apparaît très clairement : l’arrivée de l’eau contribue au recul du seuil de la pauvreté.
29.jpg


 
     
Copyright La Mission Carmel Sénégal - Webmaster Capex Informatique