Ce n’est qu’en 1839 qu’arrive dans la région bordelaise un carm
Cette nouvelle communauté participera en effet au renouveau de
Histoire
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Notre communauté de Kaolack, fondée en 2002, est la ‘petite dernière’ d’un ensemble de 7 couvents qui forment la Province d’Avignon-Aquitaine. Ces lignes voudraient vous amener à goûter l’esprit de famille particulier qui les anime tous pour que vous puissiez percevoir ce que nous essayons de vivre ici, au Sénégal. Elles vont vous faire parcourir à grands traits quatre siècles d’une histoire très riche et pourtant peu connue, les carmes mettant un soin particulier à vivre « cachés sous le manteau de Notre-Dame » (L’article « Les carmes déchaux en France : un peu d’histoire », du fr. Louis-Marie de Jésus, ocd, in Carmel n°100, juin 2001, pp. 9-35, nous a fourni la plupart des informations).
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 L’histoire des carmes déchaux de France commence en 1611 lorsque, quelques décennies après la mort de sainte Thérèse de Jésus (1582) et saint Jean de la Croix (1591), parents de la Réforme carmélitaine, deux frères italiens fondent à Paris le premier couvent. La nouvelle famille religieuse connaît un essor important si bien qu’au milieu du 17ème siècle, elle compte près d’un millier de religieux, répartis dans les 60 couvents des 6 provinces françaises ! Mais la Révolution Française va très vite réduire quasiment à néant tout ce qui aura été édifié pendant ces deux siècles. Retenons le martyr, sur les pontons de Rochefort,  de trois de nos frères (béatifiés en 1995 par le Pape Jean-Paul II).
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La suite de l’histoire des carmes de France, comme celle de tous les religieux français de cette époque, est bien triste. Après une première alerte en 1880, les frères sont expulsés en 1901. Ils se réfugient, pour la plus grande part d’entre eux, dans un couvent espagnol. Vingt années d’exil, le temps d’une génération, vont à nouveau entamer la vitalité de la famille religieuse. Au retour, ils ne leur reste que 7 de leurs 16 couvents ; on comptait 155 frères en 1901, ils ne sont plus que 77 en 1921 ; à nouveau, il faut reconstruire.
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Et à nouveau, l’Esprit Saint est au rendez-vous ! Très vite, au début des années 20, des personnalités hors du commun arrivent chez les carmes, comme celui qui deviendra l’amiral Thierry D’ARGENLIEU, proche du général De Gaulle lorsqu’il le rejoint dans la résistance, connu en religion sous le nom de Frère Louis de la Trinité, mais aussi le Père Bruno de Jésus-Marie, fondateur d’un grand courant intellectuel dans les années 30, sans oublier la figure du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus.
Ce n’est qu’en 1932 que les couvents de l’unique province de France qui s’étoffait petit-à-petit sont répartis en deux semi-provinces distinctes. La plupart des jeunes frères optent pour la semi-province de Paris, plus dynamique, plus forte. Seuls quelques-uns rejoignent les ‘vieux’ frères de la semi-province d’Avignon-Aquitaine. « Observants, généreux, ils agissent dans le cadre de leur ministère mais ne ‘percent’ pas vraiment. Leur style de vie est davantage monastique et rustique » (Fr. Louis-Marie de Jésus, p. 22). Pourtant, le Père Marie-Eugène, sans doute trop attaché à ses origines aveyronnaises pour migrer dans le grand nord, décide de rejoindre définitivement les frères du sud.
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Spirituel fort d’une connaissance approfondie des trois grands docteurs du Carmel : sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse de Lisieux, il compose de nombreux ouvrages de spiritualité, dont Je veux voir Dieu, synthèse des trois docteurs carmélitains, qui connaît aujourd’hui encore un grand succès. Mais le Père Marie-Eugène est aussi un homme de gouvernement, qualité qu’il mettra au service de notre province comme supérieur local et provincial à de nombreuses reprises … et jusqu’à Rome, comme conseiller et remplaçant du supérieur général ! Enfin, c’est un visionnaire, un prophète, qui fonde en 1932 l’un des tout premiers instituts séculiers de l’Église : l’Institut Notre-Dame de Vie et annonce dans ses écrits et conférences l’appel universel à la sainteté, grand thème du concile Vatican II à venir.
Au cours du XXe siècle, la Province a accueilli et formé les premiers carmes japonais, coréens, vietnamiens et malgaches. Des membres de la Province ont travaillé ou travaillent encore dans des communautés du Proche Orient (Irak, Egypte, Israël). La Province a fondé au Canada en 1992. Elle accueille également des frères étrangers pour des compléments d’études et des stages linguistiques.

La Province entretient des liens suivis avec les monastères des Carmélites, spécialement ceux qui sont implantés dans la plupart des départements de la moitié sud de la France. Des liens particuliers aussi avec plusieurs congrégations religieuses carmélitaines ayant des activités sociales et apostoliques en France ou dans des pays outre-mer. De même avec des instituts séculiers, et avec des Groupes de Vie Evangélique. Des membres de la Province organisent en divers lieux des conférences, des sessions d’exercices spirituels, qui s’adressent à des laïcs de toute condition. Plusieurs religieux coopèrent à la recherche intellectuelle, et à l’enseignement, publient des livres ou des articles, principalement en spiritualité, histoire, exégèse, théologie. Certains travaillent pour les deux revues Carmel et Vives flammes, ainsi que pour les Editions du Carmel (Toulouse).
 Peu après la mort du P. Marie-Eugène, la Province d’Avignon-Aquitaine, comme toute l’Église, rentre dans la phase difficile de l’après-concile, marquée en France par les événements de mai 1968. Si le renouveau est beau à certains égards, les départs de jeunes frères sont nombreux ; « les carmes de France font leur traversée du désert » (Fr. Louis-Marie de Jésus, p. 33). Ce n’est qu’au début des années 80, avec le pontificat de Jean-Paul II et l’enthousiasme de cette période, qu’arrivent à nouveau quelques-uns, puis beaucoup de jeunes. En quelques années, grâce à la ferveur et à l’humilité des anciens qui acceptent d’écouter et d’accueillir ces jeunes avec tout ce qu’ils apportent, la Province voit ses communautés se renouveler jusqu’à devoir ouvrir de nouvelles maisons, notamment à Toulouse, pour assurer la formation de ceux qui lui sont envoyés par le Seigneur.  
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