Prof11.JPG
Prof13.JPG
profession simple
Tout dernièrement, le 7 octobre, lors de l’Eucharistie, pour la fête de Notre Dame du Rosaire, le frère André-Marie de saint Joseph a prononcé ses voeux simples pour deux ans. Ce fut une belle célébration et une belle étape dans l’histoire de notre fondation au Sénégal. Après avoir accompli son prépostulat et son postulat en 2006-2008, dont une année au séminaire de La Yolé en République centrafricaine, en vue de l’obtention du  baccalauréat, André-Marie a réalisé son noviciat en 2009, dans notre maison du quartier Kasnack. Ce fut 12 mois fervents, tout donnés à la vie de prière et à la vie communautaire. L’aventure au Carmel a commencé pour lui en 2005. Déjà 4 ans ! Comme le temps passe vite. Et il est toujours là... Nous ne savons pas s’il restera, si cette graine de vocation arrivera à maturité. Cela ne nous appartient pas, mais seulement à Dieu. Quoi qu’il en soit, c’est au demeurant une joie de le voir grandir sur cette terre du Carmel, de le voir se donner au Seigneur dans une vie intérieure très riche et une belle authenticité.

Tandis que les murs se construisent à Keur Mariama, des pierres vivantes sont en train d’être taillées par l’Esprit-Saint. Le carmel sénégalais se  bâtit petit à petit, discrètement, dans la durée, au fil des mois, des années, et des frères qui passent. C’est l’oeuvre du Seigneur, certainement pas la nôtre : trop gandes sont nos pauvretés et trop grandes sont les bénédictions qui ne cessent de continuer d’affluer de toutes parts, comme une inlassable confirmation que notre présence ici est une réponse à un appel qui vient de Dieu.

Le 7 octobre 2009 à 7h30 du matin fut un beau jour. Le frère Luc-Marie vous partage l’homélie qu’il a pu donner à cette occasion, ce sera pour nos amis internautes l’occasion de participer à cet événement.
Prof4.JPG
Prof3.JPG
Prof5.JPG
HOMELIE DONNEE POUR LE FRERE ANDRE-MARIE DE SAINT JOSEPH
LE 7 OCTOBRE 2009 A L’OCCASION DE SA PROFESSION SIMPLE


 Cette fête de Notre Dame du Rosaire est pour ainsi dire fête de la salutation évangélique, fête de l’Ave Maria. L’ange du Seigneur vient annoncer à Marie qu’elle a trouvé grâce auprès de Dieu et le Tout-Puissant lui propose de venir habiter chez elle pour entrer dans le monde. C’est le mystère de l’Annonciation : de Dieu qui s’invite chez les hommes, qui frappe à la porte pour faire son œuvre de salut, son œuvre d’amour.

 Ta profession religieuse de carme André-Marie est enclose dans ce mystère. Tu n’es pas arrivé ici tout seul, par tes propres forces, mais bel et bien parce que le Seigneur t’a attiré à lui, parce qu’il t’a comblé de sa grâce, t’a favorisé de son élection. Il a posé son regard sur toi, il s’est présenté à toi. Petite Thérèse que tu affectionnes dirait qu’il t’a fait Miséricorde. Oui, il t’a fait miséricorde, il t’a ouvert ses entrailles de Père, faisant de toi un objet de prédilection de sa tendresse divine.

 Ce point est important à souligner. Notre vie au Carmel est très marquée par cette dimension de Dieu qui fait grâce. Et cela chez tous nos saints. À l’instant même, dans le dialogue qui prélude à la profession, tu as demandé « la miséricorde ». Tes méditations pendant ton noviciat t’ont permis de le découvrir sans cesse. Nous sommes appelés et sauvés par amour, par la volonté de Dieu qui nous veut du bien, que du bien.

 Cette quête de Dieu pour toi est très simple. Comme pour Marie elle consiste dans le projet de l’Incarnation du Verbe, de l’inhabitation divine : « tu vas concevoir et enfanter un Fils ». Certes, pas dans la chair, mais non moins dans l’esprit.
 Ces vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté ne sont rien d’autre en effet que la vie du Christ en toi, que la forme du Christ en toi. Dieu t’adopte en son Fils, voilà tout. Il t’adopte en te donnant son Esprit Saint qui façonne l’image de son Fils unique en toi. C’est vrai, ce mystère est déjà initialisé au jour de ton baptême. Mais par ta profession religieuse, il prend une dimension nouvelle : il s’approfondit.

 Ta profession religieuse doit te rendre déchiffrable du Christ, témoin du Christ par ressemblance.

 Du Christ obéissant qui fait totale confiance au Père et s’en remet à lui en tout. L’obéissance n’est pas une servilité, une annihilation de la personnalité. Elle est au contraire, de par la providence de Dieu qui fait tout concourir au bien de ceux qu’il aime, ordonnée au mûrissement du meilleur de toi-même, à ton bonheur. Nos supérieurs peuvent se tromper, mais en leur obéissant, on est sûr de ne pas se tromper. L’obéissance nous tient dans la main du Père, de sa paternelle et toute puissante bonté qui n’est que bénédiction pour nous.

 Tu deviens déchiffrable du Christ aussi par ta pauvreté qui n’est rien d’autre qu’un détachement, un engagement généreux de toi-même qui veut servir le Père sans faille, considérant tout comme des balayures, dans l’urgence et le goût de faire sa volonté.

 Ressemblance au Christ encore par ta chasteté qui d’une part te consacre corps et âme à Dieu pour être sa part, son héritage, son temple, et d’autre part qui te consacre au service des hommes dans une justesse de relation avec eux : ni trop loin parce que tu te soucies d’eux avec grande sollicitude, donnant plus de prix à leur vie qu’à la tienne, ni trop proche parce que tu les respectes dans leur altérité, les accepte dans leur unicité, et fonctionne avec eux dans la pleine reconnaissance de leur liberté.

 Trois vœux pour un projet d’identification au Christ. Mais ne crains pas devant ce programme de vie qui excède tes capacités, qui est disproportionné par rapport à ta condition de pécheur. La vie religieuse n’est pas une course en avant où l’âme se fatigue et s’épuise parce qu’elle se veut capable du divin. Elle est un accueil du don de l’Esprit Saint qui vient sur toi et te couvre de son ombre, qui fait merveille, les merveilles de sa divinité dans et à travers les impuissances, les limites, les défaillances de ton être qu’il daigne habiter : car rien n’est impossible à Dieu.

 Il s’agit donc de se laisser aimer, d’ouvrir les mains, d’être réceptacle. Toute ton oraison est et tend à se déployer dans le climat de l’annonciation où Marie reçoit et se reçoit de celui qui la visite. Peut-être as-tu besoin de saint Joseph, de la présence humble et douce de ce grand saint dont la vie fut marquée par une extrême discrétion, parce qu’il sut s’effacer et se laisser faire par Dieu. Nous l’invoquons pour toi afin qu’il t’assiste dans cette réponse à l’appel de Dieu qu’est ta profession religieuse.

 « Que tout se passe pour moi selon ta parole », dit Marie. Vient redire la même chose avec elle et en elle. N’es-tu pas son frère ? En qualité de quoi tu peux considérer être entendu et déjà exaucé. Marie est au milieu de nous en ce jour, comme au milieu des apôtres. Elle prie avec nous et te présente à son Fils Jésus afin qu’il fonde sur toi et te transfigure en lui. Tu fais profession de lui appartenir, d’être à lui en devenant lui.
Prof14.JPG
Prof10.JPG
Prof9.JPG


 
     
Copyright La Mission Carmel Sénégal - Webmaster Capex Informatique