Vie quotidienne
La vie quotidienne d’un carme est semblable à celle du commun des mortels. Bien sûr, il a des horaires adaptés à sa vocation contemplative : 5 heures de présence au chœur, si l’on ajoute les temps d’oraison aux temps liturgiques. Il a également un mode de vie bien particulier marqué par les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance qu’il prononce.

Mais cette vie un peu spéciale ne fait pas de lui pour autant un homme à part, une sorte de mutant car rien ne lui est épargné de ce que vivent ses contemporains. Il a comme les autres son quota de blessures psychoaffectives nécessitant le patient et laborieux travail de la grâce guérissante, au fil des ans. Il connaît les tentations génériques du catalogue des sept péchés capitaux. Les maladies et la fatigue le visitent sans ménagement. Au cœur de sa communauté il a à affronter et à dépasser les conflits de personnalités, de tempéraments, parfois les impossibles communications, comme dans une famille française ou bien sénégalaise… L’homme c’est l’homme, même s’il est religieux !

À tel point qu’on aurait presque envie de dire : “À quoi bon ces 5 heures de prières, ces vœux, si c’est pour ressembler à tout le monde, si cela ne change rien du quotidien” ? Cela ne change rien effectivement quant à ce qui est vécu, mais cela change tout quant à la manière dont c’est vécu. Car la vie spirituelle, dès lors qu’on s’y engage et qu’on la cultive, transfigure tout, donne à l’ordinaire une couleur extraordinaire, c’est-à-dire un goût de sel, un plus que le monde ne peut pas donner. Si la vie quotidienne d’un carme est tout ce qu’il y a de plus ordinaire dans sa matérialité, vu de l’extérieur, elle est tout à fait extraordinaire dans son intentionnalité, dans ses perspectives. Elle est hors du commun, vu de l’intérieur.

L’Évangile du Christ ne nous a pas promis pour ici-bas une vie paisible, affranchie de la condition du pécheur. Notre Seigneur et sa Mère ont eux-mêmes traversé cet ordinaire de l’humain et l’ont vécu sans feintise, dans toute sa monotone radicalité pendant trente ans à Nazareth. Ce que l’Évangile nous promet c’est le don de l’Esprit Saint, le don de la vie divine en nos cœurs afin que nous sachions regarder le monde comme Dieu le regarde, l’aimer comme Dieu l’aime. Comprendre le sens de ce que l’on vit, savoir comment on doit le vivre, voilà ce qui fait de la vie quotidienne une aventure, des choses les plus banales des choses d’exception.

La vie en Christ ne change pas le réel pour permettre à son disciple d’aller ailleurs afin de fuir le monde, loin du créé. Au contraire, elle épouse le réel, le prend dans toute son épaisseur, et elle l’accomplit en l’orientant dans une finalité d’amour. Je peux en effet récuser et haïr ce que je vis parce que cela me fait souffrir ou parce que cela ne me rejoint pas dans ma sensibilité, mes attentes, ou bien je peux le bénir parce que c’est une occasion pour moi de devenir meilleur, de purifier mon cœur, de rendre ce monde un peu plus beau que je ne l’ai trouvé en m’offrant avec générosité au cœur de l’événement qui est à vivre.

En vous parlant de notre vie quotidienne c’est cela que nous voulons vous montrer : que nous ne faisons rien d’original. La vie communautaire nous fait toucher à tous les corps de métier, de la couture à la maçonnerie. Elle nous appelle vers des horizons spéculatifs et nous convie tout à la fois aux plus humbles tâches. Et à vrai dire peu importe tout cela. Ce qui compte c’est de le vivre et de l’entreprendre pour l’amour de Dieu. Que notre vie quotidienne soit une louange, une occasion de servir le Royaume, une façon de nous consumer dans l’amour, pour tout vivre selon le cœur de Dieu dans la plus grande simplicité et le don généreux de nous-mêmes. Nous essayons de cultiver cette ambition-là…
C’est le frère Pierre-Marie de la Croix, témoin marquant du Carmel au 20ème siècle, qui va conclure notre réflexion :
« Oui, il est doux de vivre en frères tous ensemble ! Mais ne v
Les offices hebdomadaires
Pour que la communauté puisse vivre convenablement, chaque frère assure sa part de service. Ceux-ci sont multiples et variés et font l’objet d’une distribution qui alterne chaque samedi. Seul le tour de cuisine change chaque jour. Tous les frères accomplissent ces services, quelle que soit leur responsabilité dans la communauté : du postulant au prieur.
Hebdomadier

Un des pères de la
communauté assure la présidence de la liturgie et la prédication de l’Eucharistie.
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Chantre

Le frère chantre dirige le chant pendant les offices liturgiques.
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Porterie

Le portier va ouvrir la porte
quand on sonne et va répondre au téléphone.
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Lecteur

Le lecteur lit la Parole de Dieu aux offices. Pendant les repas,
les frères se relaient
pour la lecture.
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Vaisselle

Cet office fonctionne par
équipes de trois frères.
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Sacristain

Le sacristain prépare la messe, tout ce qui touche au culte divin.
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Lessive

Il fait la lessive communautaire
à la machine. Pour la lessive personnelle, chacun fait la
sienne à la main.
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Réfectorier

Il met le couvert et s’occupe d’acheter le pain.
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Nettoyage

De semaines en semaines les frères assurent à tour de rôle le nettoyage des différentes parties de la maison.
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Cuisine

Chaque jour est assumé
par un frère, lequel cuisine les
saveurs selon sa culture.
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Commissions

Il va en ville pour faire les courses de la semaine :
marché et épicerie.
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Sonneur

 Il sonne les
offices à la cloche cinq
minutes avant l’heure.
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